Une année de césure

  • Mais d’abord, c’est quoi une année de césure ?

C’est comme une année sabbatique, mais officielle. Il s’agit d’un contrat qu’un-e étudiant-e va effectuer avec sa faculté ou son école ( pour la mienne, j’ai du déposer un dossier et attendre sa validation ! ). L’année de césure n’est peut-être pas définie exactement de la même façon selon les écoles, et n’existe pas obligatoirement d’ailleurs, alors renseignez-vous auprès de la vôtre si vous l’envisagez.

Pour mon cas, j’ai choisi de me prendre la tête administrativement parlant, car prendre une année de césure possède quelques avantages. Pour commencer, je bénéficiais toujours de mon statut d’étudiante : la mutuelle, les réductions culturelles et surtout, surtout; la bourse et le logement. Sans ça, je ne suis pas sûre que j’aurai sauté le pas, car j’aurai été obligée de rester au domicile familial, ce qui n’était pas envisageable.

Mon contrat spécifiait que j’avais le droit de faire tout ce que ne pouvait pas me proposer la faculté, soit : une formation que j’aurai pu y acquérir, ou un stage.

Les options proposées étaient : le volontariat dans une association ou un organisme, travailler ( devenir auto-entrepeneur, par exemple ), voyager, ou tout autre projet personnel. Dans le cadre de mon dossier à rendre, mon projet de césure devait être justifié quant à mes études et mon projet professionnel.

  • Mon expérience

Lors de mon dossier, j’ai mis l’accent sur mon engagement en service civique, que je voulais accomplir jusqu’au bout. Pourtant, mon contrat se terminant en novembre, il me fallait d’autres plans. Et j’en avais : je voulais continuer le volontariat.

  • Le service civique

Car le service civique en fait partie. Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, je vous renvoie vers le seul site officiel ( http://www.service-civique.gouv.fr/ ). Rapidement, il s’agit d’un engagement citoyen pour les jeunes de 16 à 25 ans ( 30 ans en cas de handicap ) de six mois à un an, qui est indemnisé d’environ 570 euros par mois, quel que soit le nombre d’heures effectuées, à temps partiel ou à temps plein. Il est possible de le faire à côté des études ou d’un autre job à mi-temps, mais je vous le déconseille : pour avoir dû allier boulot et études pendant trois mois, en période d’examens qui plus est, ce fut une épreuve. Il existe diverses thématiques, comme l’environnement, l’éducation pour tous, la santé, le sport… Pour ma part, il s’agissait de  » Culture et Loisirs ».

Cet engagement fut ma première véritable expérience dans le monde du travail, avec une équipe et des horaires fixes, avec ce qui se rapprochait d’un salaire. J’y ai énormément appris, et c’est une des meilleures décisions que j’ai prises dans ma vie. Ma tutrice, cette personne merveilleuse, m’a guidée tout du long, ( et même après ) me laissant de plus en plus de responsabilités et me donnant une confiance en moi qui m’a transformée. C’est une expérience que je recommande à tous les jeunes car elle apporte énormément, en plus d’être une première expérience solide et reconnue dans le monde du travail : je n’ai jamais eu autant d’entretiens depuis.

  • Le volontariat

De plus, je voulais renouer avec un programme auquel je participe en tant que volontaire depuis 2013. Celui-ci effectue des journées d’interventions dans les collèges, lycée, et auprès de certains adultes, sur le thème des discriminations : racisme, sexisme, homophobie notamment. Mais sont également sujets le danger des médias et la violence. Je regrette que les notions de genre ou de transidentité soient peu abordées, mais étant sensibilisée, et si je sens le public réceptif, j’aborde le sujet.

Je me suis beaucoup investie toute l’année scolaire dans ce programme, quand j’étais en France. En tant que volontaire, j’étais payée, ce qui est toujours non négligeable lorsqu’on est étudiant.e. J’ai participé à de nouvelles formations pour pouvoir effectuer plus de journées d’interventions, et j’ai accompagné de nouveaux volontaires, car depuis 2013, j’étais devenue une des « anciennes ». J’ai ainsi pu constater tout le chemin parcouru dans mon militantisme et ma confiance en moi.

  • SVE : la recherche de l’angoisse

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Une petite rue de Puglionare al Mare

Cependant, me contenter de retourner vers ce que j’avais déjà connu par le passé me paraissait trop facile. Dans le cadre de mon service civique, je savais tout ou presque sur les différents types de volontariat existants, et j’avais des contacts. J’ai donc décidé de me lancer dans un SVE : Service Volontaire Européen. Un peu comme un Service Civique, mais à l’étranger ( qui est différent du service civique à l’étranger ). La différence est que l’on est lôgé-e, toutes les factures sont payées, et en plus, on vous paye. Le transport est également fourni avec un seuil limite. Le rêve, non ?

Il existe plusieurs plate formes pour rechercher un SVE ( et même un fabuleux groupe facebook ), et malgré m’y être mis dès juillet 216 pour janvier 2017, je n’ai pas trouvé le voyage de mes rêves. En effet, vous ne pouvez pas postuler à toutes les offres, car les associations étrangères ont des partenariats avec les associations des autres pays, mais pas de TOUS les pays… ce qui limite les offres. De plus, même si, comme pour le service civique, aucune expérience n’est exigée, seule la motivation est requise, vous avez de nombreux concurrents. J’ai donc cherché et cherché, reçu très peu de réponses au peu d’offres auxquelles je postulais et…je ne trouvais pas.

Cependant, beaucoup d’assos recrutent au dernier moment ( comme pour les jobs saisonniers ! ), ou alors il y a des désistements. C’est ainsi que, dix jours avant le départ, j’ai appris que j’étais sélectionnée pour un SVE à court terme d’un mois, à Puglia, en Italie !

Et quelques jours plus tard, après vingt-quatre heures de bus, j’arrive à Altamura. L’expérience a eu du bon et du mauvais, pour l’éternelle anxieuse que je suis. Mais surtout, j’étais entourée de jeunes de toute l’Europe qui avaient les mêmes valeurs et les mêmes idées que moi. J’ai passé de très bon moments, et en plus, je pourrai peut-être y retourner plus longtemps. Mais ça, ce sera reconsidérable dans deux ans…

  • Un court voyage en Bulgarie

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Une cathédrale trèèèès connue de Sofia dont j’ai oublié le nom :3

Pour ne pas raconter les choses dans l’ordre, juste avant mon SVE, je suis partie en Bulgarie à l’occasion d’un training course. C’est-à-dire une formation, sur un sujet que je ne connaissais guère, mais j’étais curieuse. Et je voulais voyager. Une fois encore, les frais de déplacements sont remboursés, tout est payé sur place, et il n’y a pas de limite d’âge. Nous étions une trentaine de personnes âgées de 18 à 60 ans environ. En plus de ça, j’ai pu rester un petit week-end à Sofia après, avec d’autres participants. L’expérience fut enrichissante, bien qu’éprouvante pour moi. J’ai pu tester mes limites. Trente personnes pendant une semaine complète, dans une salle fermée, ensemble toute la journée : c’est trop. Cependant, je ne regrette pas l’expérience, et j’ai rencontré de belles personnes qui adoucissent mes souvenirs.

  • Le bilan

Bien évidemment, mon année de césure ne s’est pas du tout passée comme prévu. Je rêvais d’un voyage de plusieurs mois à l’étranger, et malgré tout le temps passé à chercher la mission parfaite, je ne suis partie que deux fois sur de courtes durées : quinze jours et un mois. J’ai également eu l’opportunité de partir pour un échange de jeunes, mais j’ai du annuler car j’avais trouvé un emploi. Il faut dire qu’avoir moins d’un an pour effectuer un SVE est limitant, surtout quand, comme moi, on cherche autre chose que de l’animation, pour changer un peu.

Je rêvais également de me dépasser et de partir en auto-stop, d’écrire mon roman ( bien que je l’ai commencé grâce au NaNoWriMo ! ).

Puis je regarde en arrière, et je vois tout le chemin parcouru. Et surtout, je sais que ce n’est pas la fin. Ce n’est pas comme si, mon Master en poche, j’allais me précipiter pour décrocher le sacro saint CDI et commencer le trio infernal, métro-boulot-dodo, n’est-ce pas ? Que ce soit par le volontariat ou pour un projet plus personnel, j’aurai toujours l’occasion de voyager à nouveau, plus longtemps. Quand je serai prête aussi. Je voulais élargir ma zone de confort, et je l’ai fait. Il ne s’agissait pas non plus d’essayer de devenir quelqu’un d’autre, et de mal vivre l’expérience.

Aussi, j’ai fait d’autres choses plus personnelles durant cette année : j’ai pris soin de moi. J’ai commencé une thérapie après des années d’angoisses, et j’ai réussi à prendre plusieurs rendez-vous avec des médecins pour régler certains problèmes délaissés, et arrêter de reporter au lendemain. Car ça prend pas mal de mon temps libre, parfois. Ça aussi, c’est loin d’être fini en une année seulement. La route sera longue.

Petit point info : toutes les formes de volontariat que j’ai évoquées dans cet article font partie du programme Erasmus+, et je vous encourage fortement à vous renseigner si vous rêvez de partir à l’étranger, mais n’avez ( presque ) pas un sou en poche. Il faut adhérer aux associations, ce qui a un coût, certes. Mais quel que soit votre âge et votre situation, vous pouvez partir sur une courte ou une longue durée. Il s’agit de s’y prendre à l’avance ( ou pas, si vous êtes chanceux ) et vous pouvez partir en déboursant une centaine d’euros, même pour un SVE d’un an. En fait, les frais seront les même que vous partiez dix jours ou une année.

Si vous avez des remarques, des questions, des suggestions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires. J’espère que cet article vous aura plu et, qui sait, vous aura été utile.

À la prochaine !

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